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LES DECOUVERTES

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201802 - TEP / Littérature / Poisson dans l'eau (sans illustrations)

Titre : Poisson dans l'eau
Collection :
Éditions : Les Carnets du dessert de lune

Document :

POISSON DANS L'EAU

2018

 

Albane Gellé 

 

 

À Marguerite bien sûr,

et aussi à ses deux sœurs.

 

 

 Marguerite chaque matin essaye des chaussettes, environ dix-huit paires, avant de trouver les parfaites : ni trop petites, ni trop grandes, qui ne gratteront pas, dont les coutures ne gêneront pas les orteils, et aux couleurs bien sûr joyeuses et rares. Puis Marguerite s’habille, à condition qu’il ne reste plus aucune étiquette au pull, sous-pull et pantalon. Vient le tour des cheveux, à coiffer avec la brosse noire de mamie, la seule douce et efficace. Pas de barrette, d’élastique ni de pince, Marguerite chaque matin décide quoi faire de ses cheveux. Avant les chaussures et le manteau, Marguerite fait ses roues, trois d’affilée dans le salon, puis encore deux dans la cuisine, se sent en forme et debout : prête à partir pour l’école. 

 

  À l’école elle saute au cou de sa meilleure copine Inès, se met en rang : un tout petit peu à côté du rang. Elles entrent en classe en prononçant des phrases drôles. Il manque des dents à leurs sourires. Marguerite se demande d’ailleurs s’il existe des preuves à l’existence de la petite souris, elle mène son enquête et pas seulement auprès de ses parents (mais quand elle dépose sous l’oreiller sa dent tombée, elle n’a plus très envie d’avoir des réponses). Elle se demande aussi beaucoup d’autres choses, comme par exemple s’il arrive aux oiseaux de tomber ou pourquoi les fakirs mettent la tête sur des clous. 

 

  À la première récréation,Marguerite ne ferme pas son manteau, range le bonnet dans son cartable et est déjà très décoiffée. Pas question de rester assise une seule seconde sur un banc, elle joue au loup, monte à l’échelle horizontale à la force de ses bras et tant pis pour les ampoules dans les mains. Elle retourne dans la classe chercher le goûter oublié, elle le donne finalement à une qui pleure devant la classe. 

 

  À la cantine Marguerite mange léger, elle n’aime pas beaucoup les légumes, ni les kiwis ni toutes les sauces, et même pas les pommes de terre (sauf si elles sont déguisées en frites). Elle rigole bien avec Inès, ne se laisse pas impressionner par les plus grands et leurs manières de se moquer. 

 

  Quand le repas est terminé, elle se rappelle qu’elle avait soif et court boire l’eau glacée directement au robinet du lavabo dans la cour de récréation. 

 

  L’après-midi elle s’applique à écrire la lettre r, lève la main pour le calcul et regarde par la fenêtre la pie qui saute sur le goudron. Marguerite saute en l’air quand c’est l’heure de la piscine. C’est la première avec son sac en rang à attendre le car, tant pis pour le bureau pas tout à fait très bien rangé, elle fera ça plus tard. Marguerite : poisson dans l’eau.

 

  Quand la sonnerierésonne partout, la maîtresse ferme l’histoire et Marguerite fait remarquer que les chapitres s’arrêtent toujoursau moment où justement on aimerait bien savoir la suite, c’est quand même énervant. 

 

  Sur le chemin du retour vers la maison,Marguerite râle, grogne et pleurniche de tout porter, elle est vraiment trop fatiguée, elle a trop chaud pour le bonnet et puis de toute façon ce qu’elle aurait voulu c’est rentrer en trottinette, mais ça évidemment, sa maman n’y a même pas pensé.

 

  Àla maison elle laisse par terre le manteau, une botte puis l’autre un peu plus loin, le

cartable renversé en travers de la porte, puis va tout de suite en courant ouvrir le placard

aux goûters. Elle commence une brioche en même temps qu’un dessin, met la musique,

fait quatre roues, demande un verre pour une très grande menthe à l’eau, puis un autre

verre, cette fois avec de l’eau chaude, demande ce qu’on va manger ce soir et fait savoir

qu’elle déteste le menu. Ce qu’elle aurait adoré, c’est un croque-monsieur, mais il n’y en a pas n’est-ce pas, elle en a vraiment marre de ces repas dégoûtants. 

 

  Au diner elle s’assoit légèrement de travers, la table tremble, la serviette tombe, Marguerite rit, fait une grimace. Sa petite sœur rit aussi, sa grande sœur lève les yeux au ciel et ses parents en même temps lui demandent énervés : de se calmer. Elle éparpille les grains de riz un peu partout dans son assiette, pareil pour les bouchées de viande, et hop elle dit qu’elle a fini. En se levant elle demande si elle peut aller chercher un dessert dans le frigo, un fruit non merci elle en a mangé un hier. 

 

  Quand vient l’heure de se coucherMarguerite dit « attends », plusieurs fois. Elle joue elle cherche quelque chose, elle n’a pas tout à fait fini de faire ce qu’elle est en train de faire. Les dents lavées, en pyjama, Marguerite saute sur son lit, borde ses deux lapins

jumeaux, l’ours Maximum et la panthère, puis installe les couronnes sur les têtes de ses doudous. Une grande et une petite, deux couronnes pour deux doudous, jamais les mêmes. Marguerite leur explique : chacun son tour d’être les rois.

 

  Bonne nuitpetite étoile filante dors bien je t’aime fais de beaux rêves je t’aime plus grand que les planètes, que les pays et les couleurs, je t’aime plus que tout au monde et à demain, trois vrais bisous et deux câlins : à droite à gauche, puis des baisers avec la main, à laisser s’envoler, puis bonne nuit encore une fois et les mots « j’oublie pas » à ne pas oublier, et les doigts sur la bouche pour faire le silence de la nuit. Puis Marguerite recommence, dit ses réponses à elle, avant de dire d’accord tu peux fermer la porte, pas tout à fait fermée mais pas grande ouverte, un peu plus, non un peu moins, comme ça voilà, je t’aime maman à la folie. 

 

Pour aller plus loin 

 

Albane Gelléest née le 7 décembre 1971 à Guérande (44). Elle habite aujourd’hui à Chênehutte, à côté de Saumur (49). Elle vit de ses deux passions, l’écriture et le cheval. Côté écriture, elle se déplace un peu partout en France, pour des lectures, des rencontres, des formations, des festivals... autant de manières d’accompagner ses livres et de partager la poésie des autres. Elle a publié une vingtaine de livres, notamment aux éditions Le Dé bleu, Jacques Brémond, Cheyne, La Dragonne, Esperluète, L’Atelier contemporain...

 

Ce roman illustré Poisson dans l’eaud’Albane Gellé (texte) et Séverine Bérard (illustrations) est paru aux éditions Les Carnets du dessert de Lune, mai 2018.  

 

Retrouvez les œuvres d’Albane Gellé et Séverine Bérard dans des bibliothèques de réseau « à suivre… » ou chez votre libraire. https://asuivre.lillemetropole.fr

 

 

 

 

 

 

 

Avis du Jury

Comité de lecture Note de 0 à 5 Commentaire
Béatrice Verport    
Camille Poirier    
Catherine Dhérent    
Frédéric Chèvre    
Géraldine Bulckaen    
Marielle Forobert    
Sarah Elghazi    
Stéphanie ditry    
Valérie Debels    
Valérie Demol    
Yves Fostier 2,5  
Sandrine Claies    
     
     
     
     
     
     
     
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Michel L’OUSTALOT, né à Montauban, habite le Vieux-Lille depuis 40 ans. Il a fait de ce quartier, et plus particulièrement de la rue d’Angleterre,  son fief septentrional. Roi auto couronné de la rue, il la fait visiter et  tient dans la GAZETTE DE LILLE  une chronique trimestrielle : CHRONIQUES DU Vieux-Lille.  Les 20 textes que comporte LE ROI DE LA RUE D’ANGLETERRE-Chroniques du Vieux-Lille- s’accompagnent d’illustrations originales pour célébrer une des rues les plus riches en histoire, en architecture et en enjeux de LILLE.

 Michel L’OUSTALOT campe  des personnages hauts en couleur tel Johnny et ses molosses qui sèment le souk dans la rue, Nicou le Grigou qui loue des appartements déglingués ou la belle et coquine Amélie.  Le livre célèbre la  convivialité du quartier. Il dénonce aussi spéculation immobilière et atteintes au patrimoine.

  Un journaliste de la Voix du Nord a écrit que ces Chroniques s’insurgeaient contre la « macdonalisation « du monde.   

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      Le livre                  La Vidéo

Le livre est disponible au Furet sur commande

ou disponible à l'échoppe LE GRENIER - 59 rue d’Angleterre à Lille.

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